
Ca y est, l'avion a atteint sa destination, vous voilà dans la Belle Province, mais cette fois, c'est définitif ! Votre nouvelle vie, que vous préparez depuis tellement longtemps, va commencer. Bienvenue au Québec ! (c'est une phrase que vous lirez et entendrez beaucoup ces premiers jours) Mais les démarches sont loin d'être finies. Il va falloir trouver un logement, un emploi, ouvrir un compte en banque, s'affilier pour l'assurance maladie, etc.
Voici donc l'essentiel de tout ce qu'il faut faire en arrivant. Au moment où j'écris ces lignes, je ne suis pas encore au Québec, donc je ne peux vous relater mon expérience personnelle. Je ferai quelques modifications ultérieurement si nécessaire. Mais je ne pense pas que ce sera le cas. Ce qui suit, ce sont des informations officielles et tirées de témoignages, et tout concorde quasiment toujours. En outre, le CSQ est accompagné de documents qui expliquent bien les démarches à accomplir à l'arrivée, et ce sont des choses que l'on vous répètera à plusieurs reprises.
A la descente de l'avion
Après être descendu de l'avion, vous vous dirigerez vers les bureaux d'Immigration Canada et ensuite d'Immigration Québec. Là, on vérifiera tous vous papiers et si les informations qui vous concernent sont correctes. On vous remettra aussi la fiche IMM-1000 (qui prouve que vous êtes résident permanent du Canada) ainsi qu'un guide qui explique les premiers pas de l'établissement et vous vous inscrirez pour des réunions où on vous parlera (plus concrètement) de la même chose. Ensuite, direction la douane. Que vos affaires vous aient accompagné dans l'avion ou arrivent ultérieurement par bateau, il est mieux de tout déclarer ici (comme ça c'est fait, et ça simplifie la tâche). Préparez l'inventaire de vos affaires, que vous remettrez au douanier. Ca dure assez longtemps, parfois même plus selon ce que vous transportez (les alcools et les plantes sont de bons ralentisseurs). Normalement, vous devrez vous présenter une nouvelle fois au bureau des douanes lorsque vous aurez effectivement récupéré vous affaires.
Et après ? J'espère que vous avez pensé à trouver un endroit ou aller, sinon vous êtes mal !!! Direction, donc, au choix : le logement déjà loué ou acheté (veinard), les amis ou l'hôtel. Faut se remettre de ses émotions, ça ne fait que commencer !
La réunion du MRCI
Le MRCI, c'est le Ministère des Relations au Citoyen et à l'Immigration (ou un truc du genre, au Québec, on adore utiliser des noms longs pour se servir des initiales par la suite). Il organise des réunions (facultatives mais vivement conseillées) destinées aux nouveaux arrivants. Il y en a une (sur un sujet différent) tous les jours, durant une semaine. On y parle logement, santé, enseignement, vie quotidienne (banques, assurances, permis de conduire et autres joyeusetés), de l'histoire et de la géographie du pays (euh, pardon, de la province), de l'aspect social/mentalité de la populaition, du marché du travail, du système politique, des impôts ou encore des particularités linguistiques du pays (non, ce n'est pas pour éviter de dépayser les Belges), etc. On peut poser toutes les questions qui nous passent par la tête, et entendre les réponses aux autres posées par les voisins qui viennent aussi de débarquer.
Le logement
La première chose à faire (c'est d'ailleurs l'objet de la première réunion du MRCI), c'est de trouver un toit. Je ne parlerai ici que de la location, qui est le cas le plus général. Renseignez-vous peut-être avant de venir sur les différents quartiers et les loyers qu'on y paye, pour voir ce qui vous convient le mieux. Outre le bien être, votre lieu de travail éventuel, l'école de vos enfants ou vos capacités de mobilité (voiture ou non) auront leur influence.
Il faudra aussi trouvé un logement à la bonne taille. Ce qui n'est pas forcément évident car au Québec, l'appellation varie selon le nombre de pièces et non selon la superficie comme en Belgique. La salle de bains compte pour 1/2 : donc, par exemple, si vous souhaitez une cuisine, une chambre et un salon, il vous faut un 3 1/2. Il peut aussi être équipé (avec le gros électroménager) voire meublé. Dans certains loyers, le chauffage est compris, dans d'autres non.
Généralement, un bail commence le premier juillet, ou un peu avant, même si normalement, il y a moyen de trouver toute l'année. Comme le préavis est de trois mois, beaucoup d'annonces tombent dès début avril. Malheureusement, Montréal souffre actuellement d'une crise du logement et cela complique sérieusement la tâche. Se promener dans le quartier désiré ou parcourir les annonces des journaux sont les meilleurs moyens de connaître les offres de location.
Si les règlements de la régie du logement sont assez stricts, la crise fait qu'ils ne sont pas toujours respectés. Faites vite si vous trouvez quelque chose qui vous plaît, mais ne vous laissez pas berner en prenant n'importe quoi à n'importe quel prix. Quand vous aurez satisfaction, il faudra signer un bail : des baux standard sont disponibles dans les dépanneurs. N'oubliez pas de payer votre loyer à temps ! Et si vous souhaitez déménager l'année suivante, signalez-le au moins trois mois avant la fin du bail, sinon celui-ci sera renouvelé.
La recherche de job
Ou plus précisément, d'une job, comme on dit au Québec. C'est un travail à plein temps ! Si vous souhaitez habiter en région, le gouvernement sera heu-reux !! D'ailleurs, les familles s'y acclimatent généralement mieux. Mais avant, renseignez-vous bien pour savoir si votre emploi est en demande dans la région ou vous allez vous installer. Et sinon, avant de partir, effectuez de toutes façons le plus de recherches possible concernant votre profession au Québec.
Il s'agit de la deuxième grosse tâche, après avoir trouvé le logement. C'est qu'il faut payer tout ça ! Si lors de la réunion d'information et au MRCI, on vous donne de judicieuses astuces, on ne vous offrira pas un travail clefs en mains ! Ce sera principalement à vous de vous débrouiller et, au départ, de revoir vos ambitions à la baisse (mais une situation peut s'améliorer très vite).
Si vous voulez créer votre entreprise, comme ce n'est pas mon cas, je ne peux guère vous informer davantage. Si votre profession est régie par un ordre, vous ne pourrez vraisemblablement pas l'exercer sans en faire partie. Renseignez-vous sur la manière d'être accepté (enfin, si vous vous renseignez une fois sur place, c'est que vous avez fait une erreur dans vos démarches : il fallait le faire au début de votre processus d'immigration pour éviter de courir de gros risques).
Pour mettre toutes les chances de votre côté, pensez à rassembler tous les documents nécessaires : CV (style nord-américain, on vous apprendra à le faire lors des réunions du MRCI), diplômes (et équivalences éventuelles), lettres de recommandation des anciens employeurs, etc. Le numéro d'assurance sociale est également indispensable.
Vous trouverez des annonces dans les journaux et sur les sites Internet. N'hésitez pas à envoyer votre CV à toutes les entreprises susceptibles d'être intéressées par vos services. Faites vous des amis : les relations, ça aide, sans être toutefois du piston. Mais ils sont peut-être au courant d'une place libre...
Au début, sans toutefois accepter n'importe quoi, il ne faut pas faire le difficile : l'expérience québécoise est souvent demandée. Et là, vous n'en avez aucune, ce qui ferme un certains nombre de portes. Donc, pour commencer, il faut parfois se satisfaire de pas grand-chose. Mais le marché est très mobile.
Si vous ne trouvez pas, de nombreux organismes sont aussi là pour vous orienter. Il y a des agences pour l'emploi, mais aussi des clubs ou l'on apprend à chercher de manière plus efficace.
Le NAS, ou numéro d'assurance sociale
Au Canada, il n'y a pas de carte d'identité comme en Belgique. Il faut toutefois un document permettant de vous identifier, et il s'agit de la carte d'assurance sociale. Elle sert notamment à ouvrir un compte ou à trouver un emploi. Pour l'obtenir, il faut se présenter au centre de ressources humaines du Canada, remplir le formulaire adéquat et présenter les papiers demandés (d'après ce que j'ai lu : le passeport, la fiche IMM-1000 et le bail). Quelques semaines plus tard, vous recevrez la carte à l'adresse demandée.
La carte soleil
Il s'agit de la carte d'assurance maladie. On l'appelle comme ça à cause du soleil qu'il y a dessus. C'est une sorte de carte de mutuelle à présenter chez le médecin ou le pharmacien et vous bénéficiez des longues files d'attentes causées par le manque de docteurs, qui vous consulteront toutefois gratuitement (en tous cas les généralistes, pour les spécialistes, je ne sais pas trop, ça doit être du cas par cas) ainsi que des réductions importantes sur certains médicaments. La carte est gratuite (ou plutôt, comprise dans le payement des impôts), disponible à la RAMQ (Régime d'Assurances Maladies du Québec). Attention ! A cause de petits malins qui vivaient aux Etats-Unis et venaient se faire soigner gratuitement au Canada, il faut attendre trois mois avant d'en bénéficier : demandez-la donc au plus vite ! Et ne tombez pas malade entre temps (enfin, le temps d'obtenir un rendez-vous et les trois mois seront largement passés...).
Les finances
Au Québec, la monnaie est le dollar canadien (si vous ne savez pas ça en arrivant, une fois de plus, c'est inquiétant...). Il y a des pièces de 1¢, 5¢, 10¢, 25¢, 50¢ (rarement utilisées), 1$ et 2$ et des billets de 5$, 10$, 20$, 50$, 100$ et 1000$. Renseignez-vous bien avant de partir sur la manière la plus simple de changer votre monnaie locale : elle doit comporter le moins de risques tout en exigeant le moins de frais.
Etant donné que chaque pays a ses spécificités en matières bancaires, ne vous étonnez pas d'être un peu perdus au début. Renseignez-vous bien sur les services (et tarifs) de chacune des banques et des types de compte. Ensuite, allez dans une agence muni de votre visa et de votre NAS pour en ouvrir un.
Si vous la demandez, vous recevrez une carte Interac. En gros, elle correspond à notre carte Bancontact, sauf pour les coûts des opérations. Il y a aussi des cartes de crédits, proposées par tout le monde et n'importe qui, souvent à la recherche du pigeon. Mais les banques la refusent souvent aux nouveaux immigrants, ne la proposant qu'aux clients qui offrent des garanties. Attendez un an, et si vous n'avez pas eu d'ennuis, vous pourrez en obtenir une si vous y tenez vraiment.
S'équiper
Là, c'est un peu comme partout : il faut chercher ce qui vous plaît et au meilleur prix. Pour cela, la meilleure solution est de faire les magasins (expression à rayer de votre vocabulaire et à remplacer par magasiner). Ceux-ci sont ouverts tous les jours, jusque 17h ou 21h. Il y a des exceptions, notamment les dépanneurs qui sont des sortes de gros night shops aussi ouverts le jour.
Attention en faisant vos courses : le prix affiché n'est pas celui que vous payez à la caisse ! Il faut y ajouter les taxes, qui sont d'un peu plus de 15%.
- Très important : pensez à vous habiller chaudement pour l'hiver ! Ca a l'air stupide, mais vous rigolerez moins quand il fera moins 45... (au Québec, on donne la température en tenant compte du vent). Il est loin d'être insupportable surtout que l'on vend évidemment les vêtements adéquats pour le passer sans se transformer en bloc de glace.
- Pour le téléphone, allez dans un Espace Bell (ou équivalent) pour recevoir un appareil et les bottins. Présentez votre passeport et votre visa et attendez quelques jours que votre ligne soit activée. Les communications locales sont illimitées pour un forfait fixe, les autres sont comme en Belgique : on paye à la durée.
- Pour la télévision, Internet et le téléphone cellulaire (GSM), voyez vous-même les différentes compagnies qui offrent des programmes tellement variés qu'il est impossible de tous les citer (et ils changent aussi avec le temps). Qui plus est, tout le monde ne veut pas Internet, de télé ou de GSM.
Les impôts
Si vous ne devrez pas en payer en arrivant au Québec (heureusement), j'ai quand même tenu à rajouter cette information sur cette page. En effet, connaître les sommes qui seront prélevées peut s'avérer très utile pour réfléchir aux salaires ou lors de l'établissement d'un budget. Comme je n'ai pas encore payé d'impôts au Québec (ni au Canada : effectivement, il faut en payer aux deux gouvernements), et que je n'en saisis pas toutes les subtilités, je ne peux que vous proposer ce tableau officiel qui propose une évaluation selon différents revenus :
| IMPOT DES PARTICULIERS EN 2001 - RESIDENTS DU QUEBEC (en dollars) | ||||||||
| Célibataire vivant seul | Couple ayant deux enfants de 6 et 11 ans à charge avec un seul revenu | |||||||
| Salaire brut | Impôt provincial | Impôt fédéral | Total | Taux moyen en % | Impôt provincial | Impôt fédéral | Total | Taux moyen en % |
| 15 000 | 306 | 619 | 925 | 6,17 | - | - | - | - |
| 30 000 | 3 270 | 2 677 | 5 948 | 19,83 | - | 1 549 | 1,549 | 5,16 |
| 50 000 | 7 751 | 6 361 | 14 112 | 28,22 | 4 165 | 5 541 | 9 705 | 19,41 |
| 75 000 | 13 811 | 11 404 | 25 215 | 33,62 | 10 975 | 10 584 | 21 558 | 28,74 |
| 100 000 | 19 936 | 16 832 | 36 711 | 36,77 | 17 130 | 16 011 | 33 141 | 33,14 |
| 150 000 | 32 186 | 28 939 | 61 125 | 40,75 | 29 380 | 28 119 | 57 498 | 38,33 |