Eh oui, cela fait bientôt trois mois que je vis à Montréal et six que je suis officiellement résident permanent du Québec. En effet, j'étais venu en août pour faire valider mon visa, trouver un appartement et ouvrir un compte banquaire. Tout ça a été fait, avec pas mal de difficultés quand même et à la dernière minute (ça ne va jamais aussi vite qu'on l'imagine...) mais fait quand même, ce qui était l'essentiel.
Départ donc de Zaventem (par 12° et une pluie froide) le 3 juillet. Les avions n'ont eu aucun problème, le deuxième était même peut-être piloté par un pilote de course puisqu'il avait 25 minutes d'avance (ce qui n'est pas mal pour un vol qui devait durer 1h30). Arrivée à Montréal en passant par New York sous la canicule... Le voyage s'est bien passé même si j'ai eu plein de sensations bizarres. Du genre d'avoir l'impression de venir pour la première fois dans un endroit inconnu (alors que ce n'est pas le cas) et de me demander "Mais qu'est-ce que je viens de faire ??? Pourquoi j'ai laissé tout ça derrière moi, cette belle situation, tous ces gens que j'aime ?" C'est que, avant de partir, on a très peu de temps pour avoir la tête au Québec, au contraire même. En plus, les relations avec les proches se font plus intenses, on en profite le plus possible avant de partir et on se rend encore plus compte à quel point on les apprécie, on tient à eux, et à quel point c'est réciproque.
En arrivant, j'ai été hébergé quelques jours, le temps de meubler au minimum mon appartement où il n'y avait que les électros : une fois le canapé-lit (et la tv achetée entre temps) arrivé, j'ai rejoint mon chez moi, pour le moins vide. Comme mes affaires avaient embarqué par bateu, il me fallait attendre qu'elles traversent l'océan pour meubler un peu. Mais il y a toujours pas mal de choses à faire en arrivant. Et puis je m'étais aussi promis de glander un peu, car je méritais bien des vacances à ne pas faire grand-chose, ce que je n'avais plus connu depuis une éternité... (mon dernier jour de travail était le 30 juin).
Ma première journée s'est bien déroulée dans l'ensemble, malgré l'un ou l'autre contretemps. J'ai été voir mon appartement et, boum, déjà une augmentation (de 20$ en plus !) alors que je n'y ai même pas habité. Mais le proprio a fait tous les travaux demandés, même plus, et l'appartement a perdu le côté vétuste qu'il avait trois mois plus tôt... Je me suis aussi abonné au GSM (avec un triband acheté en Belgique) et aucun problème de compatibilité. Très pratique pour les livraisons et installations (on vous appelle la veille pour vous dire à quelle heure ils viennent, même si parfois c'est genre... entre 07h00 et 18h00, merci les précisions). Puis j'ai voulu m'abonner au téléphone fixe mais je n'avais qu'une seule pièce d'identité alors qu'il en fallait deux. Je pouvais toujours le faire en... téléphonant, et donc sans la moindre pièce d'identotité, ce qui est en outre d'un pratique quand on ne l'a pas, le téléphone (c'est d'ailleurs le but de l'opération). Je suis retourné le lendemain dans un centre Bell, tout s'est bien passé, et le client d'à-côté était un maudit français qui faisait un scandale pour tout le magasin car le vendeur lui avait demandé de lui montré sa carte NAS pour un abonnement cellulaire. Il autrait dû juste se taire et aller chez un concurrent !
Les jours suivants aussi, j'ai passé beaucoup de temps dans l'administration (carte soleil qui arrivera début octobre, hydro québec, banque, abonnement tv,...) et dans la recherche de petites choses indispensables dans l'attente de tout le reste. Seul chez moi, ce n'était pas toujours drôle, dans la sueur (enfin, la canicule faisait des va-et-vient), devant 4 chaînes de télé avec une image pourrie et rien d'autre à faire que la cuisine, le ménage et dormir... Heureusement, au bout d'un moment j'ai eu plus de chaînes, ça occupe parfois ! Surtout que la chaleur a provoqué quelques insomnies et je me sentais comme un hamster dans sa cage.
Puis il fallait aussi que je tienne mes amis au courant de mes aventures ce qui ne s'avérait pas chose simple. En effet, à Montréal les cybercafés sont... quasiment introuvables ! On m'a expliqué que comme presque tout le monde est connecté à Internet (en tous cas, les gens qui souhaitent s'en servir), ils ont au fil du temps presque tous dû fermer boutique ! Heureusement j'ai découvert la bibliothèque grâce à une amie qui est venue en visite impromptue de deux jours (très agréable d'ailleurs, même si après son départ, la solitude s'est faite ressentir encore plus).
Pour passer le temps, je suis pas mal sorti, notamment au festival Juste pour Rire au début, que ce soit pour les spectacles dans les salles ou pour le show dans la rue (quel monde, on se croirait rue Neuve pendant les soldes !). Puis j'ai aussi été au foot, voir l'équipe locale (l'Impact de Montréal) et tisser des liens sociaux, et fait connaissance avec mes sympathiques voisins qui m'ont prêté un peu de vaisselle et avec qui je discute souvent longtemps sur le balcon (je crois qu'on le fera moins en temps de neige...)
Nous étions alors après le 20 juillet et mes affaires étaient censées arriver : 22 à 28 jours m'avait-il dit et elles avaient quitté Bruxelles le 27 juin. Mais voilà, après avoir essayé de joindre maintes et maintes fois le déménageur, et l'avoir enfin eu en ligne, il m'annonce que la personne qui partage le container avec moi a retardé son voyage à Montréal et donc le bateau partira plus tard et n'arrivera pas avant la mi-août. Voilà qui fout un coup au moral même si j'ai pris ça avec philosophie (je n'avais pas trop le choix non plus...)
Ainsi, a alors commencé un intense magasinage afin de trouver un pc à louer, oui je sais je m'en passe difficilement... C'est alors qu'est arrivé avec bonheur le nouveau numéro du magazine Québec Micro distribué gratuitement à la bibliothèque. Et dedans, quelques annonces de magasins qui vendent des ordinateurs d'occasion. Bon, ils sont pas forcément tous faciles d'accès mais après quelques promenades, j'ai trouvé mon bonheur à Anjou (est de la ville) : un vieux pc pas extra avec écran qui permet néanmoins de faire du traitement de texte et d'aller sur le net, le tout au prix d'un écran 17" neuf. Très bien, j'aurais quand meme dû acheter un écran, j'avais laissé l'ancien à mes parents !
Profitant alors de mon bonheur et de mon nouveau jouet, j'ai passé beaucoup beaucoup de temps sur le net, à dialoguer avec du monde, pas mal avec mes parents d'ailleurs, puis à envoyer des e-mails à tous mes amis (et ça prend pas mal de temps l'air de rien, même quand on ne tape pas trop lentement...) J'ai bien fait d'ailleurs car à la mi-août, toujours pas de nouvelles de mes affaires... Et après avoir eu le déménageur en ligne, il m'apprit que le bateau venait de partir et de passer les contrôles de la douane européenne... Arrivée prévue début septembre !!!
Le mois d'août a aussi servi à me faire un budget, notamment pour la nourriture. Pour savoir à quel rythme allaient partir mes économies mais aussi pour savoir quel salaire minimum avoir afin de vivre agréablement. Donc, chaque fois que je faisais des commissions, je notais le prix payé et à la fin du mois, après quelques ajustements, j'avais une idée des dépenses ménagères...
Le moral n'était quand même pas au beau fixe et plutôt vacillant, même si le sourire était toujours là. Je commençais à trouver dur de vivre dans une pièce et demie et de toujours devoir mettre les mêmes vêtements (j'avais pris comme si je partais trois semaines en vacances). La météo saoudienne n'aidait pas non plus... Près de chez moi, il y a un thermomètre. Un jour en partant vadrouiller, je voulais le regarder mais j'ai oublié... Quand je suis revenu, le ciel se couvrait, le vent s'était levé, il faisait un peu plus frais et le thermomètre n'était plus au soleil. Et il indiquait... 42 ! Je me demande combien il faisait au soleil un peu plus tôt, mais 50 ne m'étonnerait pas !
Je gardais des nouvelles de la Belgique via notamment le site de LaLibre (http://www.lalibre.be) mais aussi en regardant le télétexte sur Internet et le journal de la RTBF à la tv. Le seul problème est que sur TV5 ils coupent souvent les nouvelles sportives dont on ne peut s'informer ailleurs alors qu'ilsgardent les infos internationales dont on a déjà entendu parler 15 fois ici (et maintenant il passe à 07h00 du matin, alors je ne le regarde plus). Puis il y a des choses à la télé québécoise qui font que je ne suis pas dépaysé non plus, comme une émission hebdomadaire en flamand (eh oui...) ou le fait qu'on parle du livre de... celui qui était mon voisin à Bruxelles sans que lui-même ne le sache ! (pour ceux qui aiment Brel, demandez-moi les références)
Puis j'ai été pas mal occupé à essayé de mieux connaître le milieu du journalisme au Québec (bonjour l'anarchie !) et à voir du monde que je connaissais plus ou moins bien (voire pas du tout) avant de venir ici. La vie sociale allait bien et je comptais encore l'améliorer en connaissant du monde en prenant des cours d'anglais. Le hic, c'est que j'ai été aux mauvais endroits (style universités) qui coûtent les yeux de la tête... J'ai provisoirement laissé tomber mais faudra que je m'y remette bientôt.
Côté argent, j'ai une excellente nouvelle pour tous ceux qui sont chez Dexia : le transfert se fait en un (oui, vous avez bien lu, UN) jour ! J'en ai fait l'expérience deux fois (une fois avant de partir pour essayer et une autre lors de mon départ) et à chaque fois pareil même si la seconde, le gars a perdu ma demande et j'ai dû en renvoyer une d'ici par fax... Les frais sont de "0,2", comment expliquer, si vous avez par exemple à 1,46$ pour 1 euro (voir cours de changes moyens sur Yahoo) eh bien il vous en restera 1,44 ce qui n'est pas si mal.
Fin août, j'ai été aux réunions du ministère de l'immigration destinées aux futurs immigrants. Oui, je sais, c'est tard. En fait, lors de ma venue en avril, j'avais été à la séance d'une journée et le gars a dit, appelez ce vendredi, vous aurez de la place lundi. Mais en été, bien plus d'immigrants arrivent et il y avait 4 semaines d'attente ! Tous les matins, donc, de 9h00 à 12h30 environ, il y avait cours sur la société québécoise et les premières choses à faire après avoir trouvé un logement. C'était cool et utile, puis ça fait du bien de voir du monde aussi. En plus la semaine a été chargée : deux sorties tardives le soir (l'anniversaire d'un ami, un party de bureau d'un autre) qui ont rendu les petits matins difficiles (poour une fois que je devai me lever...)
Moi qui avait fait le plein de football avant mon départ (par obligation professionnelle mais aussi par crainte de manque), j'en ai encore consommé pas mal ici. Je me suis asez rapidement joint au petit groupe de supporters un peu bruyants de l'Impact et ai passé pas mal de temps sur des sites afin de discuter et de connaître un peu mieux la situation de ce sport ici. Cela m'a aussi valu de suivre l'équipe à Québec et à Toronto (grâce à des places trouvez par Joey Saputo, merci à lui, mangez ses fromages !) Cela m'a aussi valu ma première dispute au Québec et un gaspillage intuile d'influx...
Ceci, en plus du retour de la chaleur (à un moment, je me demandais si le ciel pouvait être d'une autre couleur que bleu et si la pluie et les nuages avaient disparu de la surface de la terre...), de la proximité de mon anniversaire (période lors de laquelle j'ai souvent besoin de motivation) et d'un ras-le-bol lié à l'attente de mes affaires ont provoqué une certaine mollesse de ma part, alors que la semaine de rencontre des immigrants aurait plutôt dû me donner un certain élan... Eh oui, c'est pas bien, mais ça arrive !
Côté boulot, je n'ai encore rien trouvé. Bon, c'est aussi un peu ma faute à cause du paragrphe ci-dessus... En arrivant, c'était calme puis c'était les vacances pour tout le monde. Ensuite, je me suis un peu bougé mais ce que j'ai trouvé d'intéressant était... dans le grand nord ou dans le Canada anglais. Pas pour tout de suite donc. Il faut aussi dire que la situation n'étant pas alarmante, j'ai commencé par être un peu difficile (sans non plus demander la lune mais juste commencer par chercher des trucs intéressants dans mon domaine) et je vais l'être de moins en moins au fil du temps.
Malgré tout, j'ai été fêter mon anniversaire avec une amie et sa soeur à un endroit que vous ne soupçonnerez jamais surtout quand le thermomètre indique 43° au soleil : à la patinoire ! Oui, oui, à glace, en plein été (enfin, début septembre). J'y allais pour la 3e fois de ma vie. Et ici c'est un pays de glace et ça se voit ! Alors que j'arrivais à me fondre dans la masse à Bruxelles, ici j'avais plutôt l'air d'un enfant de 4 ans... Ayoye ! Pardonnez toutes mes allusions météo mais elles sont exactes contrairement aux nombreuses prévisions des chaînes locales qui se contredisent en moins de temps qu'il ne faut pour épeler le mot (c'est inimaginable !)
Et soudain, un mardi soir, j'eus un coup de téléphone totalement inattendu : M. Déménageur venait de passer la douane et proposait de me livrer le soir-même ! Evidemment, je n'ai guère hésité longtemps avant de dire oui et de le voir débarquer avec tout mon bazar, en bon état je dois avouer (seul un chien en plâtre hérité de mon grand-père a été brisé, j'espère pouvoir le recoller quand même, j'y tiens).
J'ai alors passé quasiment tout mon temps à déballer, trier, monter, ranger, bricoler, aménager, etc... Puis aussi aller dans les magasins pour arriver à avoir les petits trucs qui me manquaient pour placer le tout (genre tringles à rideaux, transfos,...), ce qui a pris pas mal de temps, bien plus qu'on ne le pense. Surtout que chaque fois soit je trouvais pas, soit il y avait un problème et je devais retourner... Et maintenant, je profite de mon chez moi. Que ça a été gai d'enfin manger à nouveau manger à table plutôt qu'avec le bottin téléphonique sur les genoux et de dormir dans un vrai lit au lieu du futon qui après plus de deux mois avait tendance à s'affaisser (malgré qu'il soit tràs confortable comme lit d'appoint pour une courte période). Mais je n'ai pas encore fini, il reste quelques petits trucs à finir d'arranger mais l'essentiel est fait et l'appartement a enfin de l'allure !
Tant que j'y pense, pour les appareils électriques, vous pouvez amener tous ceux qui ont un transfo, il suffit d'en acheter un neuf ici (5$ en moyenne) et pour ça, j'ai trouvé un magasin génial, hyper équipé en petit matériel du genre : Addison, à l'angle de Pie IX et Jarry. Avant d'acheter, il faut regarder le voltage, les ampères et la polarité sous peine de faire des dégâts. D'ailleurs, j'ai grillé mon répondeur : j'ai acheté un transfo avec la mauvaise polaité et quand je l'ai branché, la cassette s'est rembobinée à une vitesse folle et de la fumée est sortie ! Puis quand j'ai eu le bon, il était devenu impossible de faire tourner la cassette. C'est ce qui déclenche les roulettes qui a cassé car tout le reste fonctionne parfaitement.
Entre temps j'ai encore eu de la visite, celle d'un couple belge qui immigrera en mars. C'est assez spécial d'accueillir des gens ici en y étant "chez soi" et de se faire questionner sur des choses que parfois on pense évidentes... Ca a un côté agréable aussi, il faut l'avouer. Ils ont aussi eu l'idée de me demander si j'avais besoin de quelques chose de Belgique et sans hésiter, j'ai "commandé" du CÔte d'Or au lait, introuvable ici à un prix abordable. Eh oui, même si pour l'essentiel de la nourriture, on trouve presque tout, certaines choses sont très chères ou bien cachées comme le fromage blanc ou la gelée de framboises...
Au programme maintenant : finir au plus vite l'appartement comme ça je peux prendre des photos et les envoyer (j'espère qu'elles seront bonnes, c'est un appareil jetable...). Je suis aussi dans la deuxième phase de grosses dépenses après l'arrivée. Avec l'achat notamment d'un micro-ondes. Merci aux amis français qui m'ont proposé de les accompagner chez Walmart et de profiter de leur auto. Le seul truc vraiment important qu'il me reste à faire est de magasiner pour une veste d'hiver.
Avec les démarches avant le départ et le travail, je me suis souvent dit : "vivement qu'arrive un jour où je suis installé, que je regarde toutes mes affaires, que tout est fini et que je me demande : et maintenant, je fais quoi ?" Ce moment n'est pas tout à fait arrivé mais se profile. Et ce que j'ai choisi de faire, c'est de partager mes trois premiers mois au Québec avec les internautes.
2. Un an déjà : petit bilanAccent et vocabulaire : Bon, là je voulais vous faire un paragraphe incompréhensible mais j'ai passé cette nuit trois heures à écrire un texte avec la parlure d'icitte (voir la dernière review sur mon site de foot). Donc, je vais résumer en disant que je comprends presque tout le monde, sauf ceux qui ont l'équivalent québécois de l'accent des marolles. Et je n'ai pas été dans certaines régions où ils sont vraiment incompréhensibles. Il y a aussi encore des mots et expressions que je ne comprends pas. Mais ça m'arrive souvent de ne pas entendre l'accent et de me demander si c'est un québécois ou un européen.
Amitiés : Des vraies, il n'y en a pas encore. Ce qui est logique puisque généralement, elles mettent plusieurs mois à se construire et se développer avec quelqu'un qu'on voit tous les jours ou presque à l'école ou au travail. Mais s'il n'y a pas encore de gens à qui je confierais tous les détails de ma vie, il y a pas mal de monde avec qui je m'entends super bien et avec qui j'ai des contacts réguliers. Donc, tout va bien.
Belgique : Mis à part certaines personnes et des choses bien précises, elle ne me manque pas du tout. Malgré deux cultures très proches, les manières de vivre sont assez différentes et "l'aspect général" de la vie me convient beaucoup mieux ici. Et c'est très important. Cependant, grâce aux sites de lalibre et surtout dhnet (pour le sport) et de temps en temps à TV5, je reste quand même un peu informé de ce qu'il s'y passe.
Bière : Chère, très chère, trop chère (à peu près le double du prix de ce qu'elle coûte en Belgique). Une belle arnaque car aux USA, elle est à un prix très décent. Mais bon... heureusement, il y en a beaucoup de variétés et elles sont très bonnes.
Le "choc culturel" : pas tellement présent que ça, finalement, mais il faut dire que les deux cultures sont proches et que les Belges que nous sommes tous ou presque s'adaptent plus vite que certaines personnes venant de (beaucoup) plus au sud. Cependant, il y a des trucs avec lesquels j'ai dur, comme le fait de toujours s'y prendre des lustres à l'avance (je me suis une fois fait interviewer pour un article à paraître 5 mois plus tard !!!) Et aussi, j'ai une mentalité germanique et, si elle est fortement présente en Belgique, ici ce sont des latins et des anglo-saxons. Et je vois quand même souvent la différence. Autre chose bien chiante : ici le soleil se couche tôt, c'est pas possible ! Entre une demi-heure (l'hiver) et 1h30 (l'été) plus tôt qu'à Bruxelles. Ici, l'heure d'été est vraiment très utile !
Eté : Chaud, chaud, chaud ! Surtout le dernier là, on se serait cru en Arabie Saoudite. Et celui-ci est bien parti pour faire pareil. Evidemment, la météo nous promet souvent un rafraîchissement pour dans 3 ou 4 jours mais se trompe continuellement (ils se trompent pendant les 12 mois, rassurez-vous, ils sont nuls au possible).
Famille et autres personnes restées en Belgique : Ma mère et mon beau-père sont venues me voir en avril, et mon père en mai. J'ai encore eu l'une ou l'autre visite et chacune d'entre elles me fait grand plaisir. Je connaissais aussi d'ex-futurs immigrants sympas, ex parce que maintenant ils sont ici. Mais il y en a peu, ou plutôt juste assez car je ne suis pas ici pour passer ma vie avec des Belges que je connaissais à peine à Bruxelles. J'essaye de donner des nouvelles quand je peux et quand je trouve quelque chose à dire. La seule chose qui me fait vraiment chier est que l'une ou l'autre personne n'a pas le net ni de téléphone fixe et c'est dur de communiquer et de se donner des nouvelles (oui, je sais, on pourrait s'écrire mais bon... on le fait rarement).
Filles : Mon Dieu qu'elles sont jolies les Québécoises ! Ou plutôt, il y a beaucoup de jolies québécoises mais aussi... beaucoup de pas belles et moins de "moyennes" (excusez le vocabulaire, j'ai du mal à l'exprimer autrement). Il n'empêche, je suis toujours célibataire même si je ne suis quand même pas resté inactif durant l'année (faut pas exagérer quand même).
Foot : Bon, évidemment c'est bien moins bon qu'en Belgique (et c'est bien une des choses qui me manquent), que ce soit sur le terrain ou dans les gradins, mais il y a au moins quelque chose. Je suis l'équipe locale de près et m'occupe même du site des supporters. On a aussi fait quelques déplacements. Parfois, c'est vraiment surréaliste. Pour ceux qui veulent rire ou en savoir plus, allez sur http://www.impactsoccer.com et lisez mes reviews (surtout les deux dernières "Surprises à Rochester beach" et "Le défi") qui sont très explicites.
Les gens en général : Souriants et sympathiques, à quelques exceptions près. Le monde n'est pas stressé ici. On vous accueille bien presque partout (mais les nuls compensent bien pour les autres). Evidemment, comme partout, il y a quelques gros cons et malheureusement j'en ai déjà rencontrés. Mais les gens sont généralement agréables et ouverts à ceux qu'ils ne connaissent pas.
Hiver : C'est froid (ô surprise, je suis sûr que vous n'auriez pas deviné) mais mon premier s'est très bien passé même si je l'ai trouvé un peu trop long (mais les Québécois aussi, et ils m'ont dit qu'à la fois aussi froid et aussi long, c'est très exceptionnel). Mais bon, je n'ai pas eu si froid que ça en étant dehors, sauf lors des 5 jours où il a fait -40. Le test maintenant sera lors du prochain hiver et de voir si quand il arrive je ne me dis pas : "Merde, pas déjà".
Hockey : La religion québécoise, que j'ai suivie au début... Mais 82 matches de saison régulière (+ les playoffs, dites les séries ici), ça fait vraiment long. En plus, ils ont viré le coach que j'aimais beaucoup, alors j'ai arrêté de suivre et j'espérais que ça irait pas mieux avec le nouveau (ce qui est arrivé).
Manger : Si certaines choses me manquent, sont dures à trouver ou chères (le chocolat par exemple), je suis plutôt satisfait de ce côté-là. Il y a beaucoup de bonnes choses et je ne suis pas si dépaysé que ça (faut dire que je compare à des réactions de Français qui sont perdus sans leur pinard et leur camembert...) Côté boissons à bulles et autres jus, alors là, c'est la folie dans les choix (ça change de Sprite - Coca - Fanta).
Moral : Il y a, évidemment, des hauts et des bas. Cela varie en fonction de tous les autres évènements et les bas, quand on ne connaît encore personne vraiment bien, ce n'est pas facile. Heureusement, ils sont rares et je garde généralement le sourire.
Politique : Bon, comme je ne suis pas Canayen, j'ai pas le droit de voter mais j'observe quand même. C'est assez le bordel avec des partis différents pour les élections fédérales, provinciales et communales. Personne ne comprend rien et ça m'a l'air aussi corrompu qu'à Liège ! Il y a eu des élections provinciales cette année et le PQ (Parti Québécois, indépendantiste) s'est fait torcher (je sais, elle est facile) par les libéraux qui coupent tous les budgets. Le Québec ne sera donc pas indépendant au moins pour les 4 prochaines années.
Mon quartier / mes voisins : Très chouette quartier, très commerçant, me fait penser à la Place Madou et à la chaussée de Louvain, les Turcs en moins. C'est quand même très agréable d'avoir tout à portée de main et de ne pas s'en vouloir à mort d'avoir oublié le lait. Ma maison est, contrairement à beaucoup d'autres ici, très ancienne et bien isolée contre le bruit. Mais mes voisins sont plutôt calmes et sympas, notamment le couple qui vit à côté et avec qui je parle souvent.
Santé : Oui, c'est important quand même. Grande chance pour moi, je n'ai été malade que deux fois, et c'étaient de petites grippes (enfin, la première, mon nez était transformé en usine). Je n'ai donc pas encore eu à affronter le système de santé tant décrié. J'espère ne jamais avoir à le faire avant qu'il n'aille mieux.
Se déplacer : Ca a l'air con comme ça, mais une chose qui change énormément quand on part dans une nouvelle ville, c'est que les gens qu'on connaît n'habitent plus forcément dans le même quartier. Et c'est dur pour se faire un truc à l'improviste. En plus, Montréal c'est grand et du monde habite en banlieue. Et les transports en commun, ça pourrait être beaucoup mieux (vive la Stib). Et l'auto, euh, hormis le permis, rouler l'hiver et surtout pelleter 30cm de neige pendant 5 mois, non merci !
Travail : Dur, dur de trouver du boulot dans le journalisme ou un domaine connexe. Faut dire que c'est pas mal plus fermé et moins évlué qu'en Belgique où, je trouve, on reçoit sa chance plus facilement (même si à La Libre, ils semblent m'avoir totalement oublié). J'ai quand même travaillé plusieurs semaines à la Direction de la Santé Publique de Montréal mais une fois mon mandat - bien précis - terminé, ils n'ont plus eu besoin de moi. Heureusement, c'était bien payé et m'a donné une bonne bouffée d'air sur le plan financier. Et donc, je suis à nouveau à la recherche de quelque chose.
TV (et autre culture) : Comme la bière, beaucoup de choix (167 chaînes ! enfin, moi j'en ai pris 40 dans le tas), des bons programmes mais vraiment chère. Par contre, pour la tv ou tout ce qui est culturel, on a une grande chance c'est qu'on a droit à des trucs en Anglais, à ceux de France (mais pas les trucs franco-français) et à ce qui est "home made". Car, hormis en TV, la culture belge francophone m'a toujours saoûlé. Ici, on a de la très bonne musique, de très bonnes séries québécoises et d'excellents films.
Vivre à Montréal : C'est vraiment très agréable mais il faut dire aussi que j'adore la grande ville et que je m'ennuierais éperduement à la campagne pour le moment (quand j'aurai fondé une famille et que je ne voudrai plus sortir de chez moi, on en reparlera, mais c'est pas demain la veille). Les endroits pour sortir sont très agréables, surtout quand on préfère les bars aux discothèques (qu'il y a aussi). Il y a beaucoup de choses à faire et à voir, notamment l'été, avec les festivals. Mais pour être honnête, question activités, Bruxelles n'est pas mal non plus. En revanche, pour des trucs bassement pratiques, il y a une nette différence. Tout n'est pas systématiquement fermé tôt (j'ai eu assez souvent de mal à trouver où bouffer en finissant le soir à La Libre) et les week-ends ne sont pas synonymes de ville déserte (on peut même faire son épicerie le dimanche soir à 21h00).
What ? : Ici, on est au Québec, pas au Canada. Sauf pour les évènements nationaux (genre organisation des Jeux Olympiques ou non-participation à la guerre d'Irak), on voit que ce sont vraiment deux pays différents. Comme la Belgique et la France, sauf qu'on parle pas la même langue. Et à part les vedettes internationales (Céline Dion, Shania Twain,...), les stars d'ici ne sont pas connues à Vancouver et inversément. Par contre, on apprend que certaines sont canadiennes (oui, je suis aussi assez ignorant dans ce domaine), comme Bryan Adams ou Jim Carrey. On ressent aussi fortement l'influence des idiots du sud (ça ne change pas de la Belgique ça) dans beaucoup de domaines. Enfin, si je me suis bien amélioré en anglais depuis mon arrivée, je ne suis pas encore assez bilingue.
Bilan global : Pour le moment, tout va bien et je ne regrette pas mon départ. En fait, il ne me manque que deux choses : une blonde et du travail. Et je suis sûr qu'avec ça, beaucoup d'autres vont encore s'améliorer.